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L’histoire sociale des transformations des relations internationales à l’époque du capitalisme financier, depuis le « choc Nixon » jusqu’à présent

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[Plan de recherche en cours. S’il vous plaît ne pas citer.]

~ Hizkia Yosie Polimpung

 

CInC0h-XAAAV9V7

(Source: leblogalupus.com)

À travers le plan ci-dessous, je m’efforce tout d’abord à trouver les fondements de l’hégémonie de la finance aujourd’hui, celle qui apparaît clairement au lendemain de la crise des Subprimes de 2008 et celle de la zone euro de 2011, ainsi que ses implications dans la société aux niveaux structurel et individuel. Dans ma réflexion, je tente d’offrir une approche assez différente de celle de la sagesse commune en contestant les vues générales sur l’hégémonie de la finance, celles qui la voient uniquement comme le jeu des grands capitaux, ou rien plus qu’un résultat d’affaires entre les pays puissants, ou bien tout simplement comme le progrès inévitable de la civilisation dans le domaine économique.

La cause principale de l’ascendant de l’hégémonie de la finance ne se trouve jamais dans les bilans des patrons ni les diplomaties secrètes des pouvoirs hégémoniques ni la raison linéaire des progrès. Inversement, elle demeure dans les forces inhérentes à la société. C’est ma modeste ambition de creuser et secourir ces forces sociales et de les mettre en évidence.

Pour me lancer dans un tel projet, je vais raconter l’histoire de la finance contemporaine depuis le « choc Nixon » au début des années 1970 jusqu’à présent. Plus précisément, je vais retracer les développements concrets des innovations et technologies financières. Mon hypothèse c’est que ces manifestations concrètes de la finance sont à la fois l’index de l’ordre mondial et le symptôme de la lutte entre les forces inhérentes au sein de la société contre le geste d’ordonnant à la société même par les forces extérieures (du marché, de l’État, de la civilisation).

Ayant exposé cela, je vais montrer que toutes les technologies et les innovations financières servent d’instrument pour subjuguer la société, particulièrement pour y combattre les forces. En d’autres termes, elles sont nées et continueront de renaître comme une réponse au problème posé par les forces sociales quant à l’existence d’un ordre prédominant.

Cette recherche reprendra l’argument développé dans la première recherche et continuera de le développer dans un plus large contexte, c’est-à-dire son rapport aux transformations des relations internationales. Ainsi l’argument concernant la subjugation du temps futur par le Capital financier, sera repris dans la nouvelle problématique. Cette fois, ce sera la problématique du gouvernement, en fait le gouvernement international. Par quelle manière, l’État peut-il mieux gouverner la société pour, à son tour, « faire en sorte que l’État puisse être rendu solide et permanent, qu’il puisse être rendu riche, qu’il puisse être rendu fort en face de tout ce qui peut le détruire ».[1]

Aujourd’hui, face à l’arrivée du capitalisme post-Fordiste et, plus spécifiquement, du capitalisme financier qui fonctionne sur la base du temps réel, les gouvernements dans le monde ne peuvent plus diriger leur propre société seuls. Ils doivent collaborer, coopérer, et se coordonner. Ceci est dû au fait que la société elle-même a été transformée d’avant par le capital en fonction de son mode d’accumulation. Cette direction,  n’est malheureusement pas adaptée à la manière qu’a un Etat de se gouverner. Par conséquent, l’État doit faire face à une forme particulière de sa société qui lui pose un défi qui remet en question sa souveraineté et sa capacité à gouverner. C’est pour surmonter ce défi que les États doivent s’unir et reconstruire le système international de façon à ce qu’il puisse les aider à régner de façon absolue sur la société mondialisée.

Pour m’engager dans ce projet, je vais examiner deux formes appelées par Michel Foucault « appareils » de gouvernement libéral. Le premier est le savoir dominant qui constitue la conception idéale de l’État dans chaque époque à propos de l’économie, et le deuxième est l’ensemble de l’institution et du politique concret autour et pour réaliser ce savoir. Je voudrais donc retracer le développement de ces deux appareils dans le contexte à la fois national et international. Afin d’atteindre l’objectif précédemment énoncé, c’est-à-dire retracer la dernière évolution du système international dans le contexte de l’économie financière contemporaine, je limiterai la gamme de la recherche seulement jusqu’à ce qu’on appelle le « choc Nixon » au moment où pour la première fois dans l’histoire l’État a effectué un changement de l’ordre économique international qui, à son tour, a forcé une transformation du système international. L’investigation continuera jusqu’au moment présent lorsque la conception keynésienne de l’État fort s’est hissée à l’échelle mondiale comme une réponse à  la crise financière mondiale qui frappe le monde entier depuis ces cinq dernières années.

Le seul problème que je voudrais observer c’est l’énigme suivante. S’il est vrai  que l’État est si puissant, grâce à son monopole dans l’utilisation de la violence, alors pourquoi doit-il s’ajuster face aux diverses révolutions financières, ou bien à la crise, amenée par le Capital ? Pour quelles raisons les États ont-ils commencé à réajuster le système international à partir des années 1970 jusqu’à aujourd’hui? (C’est comme si les États eux-mêmes seuls ne suffisaient pas pour apprivoiser le Capital).

Les arguments généraux que je vais défendre, c’est que la conception de l’État et ses relations internationales  se sont transformées toujours en accord avec, mais jamais tout de suite, le développement d’instruments financiers. Cette transformation donc s’effectue en conséquence de deux causes: d’une part, l’instrument financier engendre un changement dans la structure des relations au sein de la société que nous pouvons voir avec ce que j’appelle le passage à la société d’anticipation. Ce type de société apparaît à l’heure de la post-crise actuelle. En effectuant ce changement, l’instrument financier a pour but de répondre à la crise de l’accumulation financière du capital précédente, amené par sa propre contradiction interne en subjuguant, c’est-à-dire en exploitant la société de façon qu’elle lui produise une plus-value plus efficace, plus rapide, et plus durable.

D’autre part, l’État se transforme pour ajuster le changement structurel de la société, celui qui s’est effectué auparavant par le développement d’instrument financier, et à son tour, pour la gouverner mieux de manière qu’il puisse renforcer sa légitimité souveraine. C’est cette transformation de l’État qui aurait pour effet la restructuration du système international dans son entier. De cette façon seulement les États peuvent collaborer entre eux pour gouverner la société plus efficacement, qui a pour raison unique de consolider le système international duquel ils dérivent chaque raison d’être, c’est-à-dire chaque souveraineté. (La souveraineté dont il s’agit est spécifiquement provient du traité de Westphalie selon lequel les États se reconnaissent chaque pouvoir sur un territoire limité, et à la fois se constituent la relation entre eux, c’est-à-dire la relation internationale).

Pour conclure, je voudrais donc soutenir l’argument selon lequel l’État ne se transforme jamais pour accommoder le marché (comme chez la plupart des néomarxistes). Tous les deux réagissent à la contraction qui a lieu dans la société. En d’autres termes, l’État ou bien le marché n’est jamais premier. Ils sont réactionnaires toujours envers la société. [HYP]

[1] Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, Paris, Seuil/Gallimard, 2004, p. 6.

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